2 - L'aspect précaire saisit en première lecture le spectateur qui criera beaucoup plus facilement au génie ; en d'autres termes, la misère est très photogénique ;
3 - Peu susceptibles d'avoir Internet, les personnes âgées ne connaîtront pas l'usage de vos photos et ne seront pas tentées d'engager de quelconques poursuites ; d'autant plus à l'étranger où le droit à l'image est, je suppose, précaire, s'il existe ; à Marrakech, il se monnaie très bien quelques dirhams (centimes), jetés par poignées avec une condescendance infâme.
4 - En cas de vive désapprobation du gueux, le photographe insolent aura largement le temps de déclencher quelques rafales en riant, puis, à bonnes foulées, de s'éloigner prestement. Le misérable, s'il tentait de suivre, s'emmêlerait bien vite les pinceaux dans ses haillons fétides pour s'étaler faiblement de tout son long (prêtant ainsi l'occasion d'autres clichés croustillants dans une hilarité renouvelée. Ici un stabilisateur optique peut être utile pour compenser les hoquets).
Marrakech regorge de croulants, qui, le regard vague perdu dans leur inutilité, croupissent dans des rues sales faiblement éclairées.