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6 août 2005 6 06 /08 /août /2005 23:00
Velsatis s’engouffre dans une impasse. BAD MOVE, JOHNNY ! Je fonce pour lui bloquer la seule issue. La voiture se gare lentement dans la ruelle totalement déserte. Je rumine depuis une chanson et demie, baignant dans une sueur nerveuse et je comprends mieux l’expression « voir rouge » ; parce qu’autour de moi, tout est rouge comme du vernis à ongles à pétasses en mal de bite et de pognon. Je coupe le contact, défonce le bouton pour éjecter ma ceinture, ouvre à grand coup de pied ma portière, chope la batte de base-ball à l’arrière et jaillis comme Goldorak de sa navette. Autolargue. Sometimes I wanna kill, sometimes I wanna die, sometimes I wanna destroy, sometimes I wanna cry.

Le destroyer impérial achève son créneau en prenant l’extrême soin de ne pas effleurer les voitures l’entourant. Comme c’est touchant ! Je marche en sautillant vers la voiture, sept mètres, les poings serrés, les épaules nouées à en péter, six mètres. Mes yeux étincelants de haine éclaboussent l’impasse de sang ; celle-ci est effectivement déserte : sous les guitares rageuses torturées dans mes oreilles, cinq mètres, je perçois le silence seulement troublé par le moteur au ralenti de Connard. Quatre mètres, je ne peux plus retenir la course de mes jambes : je sprinte vers la portière, deux mètres, un cri de guerre extatique gonfle ma poitrine comme celui d’un Apache, un mètre, machette au poing, fonçant sur un cow-boy sans flingue.

Contact.

J’ouvre la portière à toute volée, la batte armée.

Suite

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Published by Joël Bloch - dans Fiction
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commentaires

Obno 12/08/2005 22:46

Pfff...
Moi aussi j'ai des ray-bans...

Qui suis-je ?

"J'étais celui qui avait plusieurs visages. Pendant les réunions, j'étais sérieux, enthousiaste et convaincu ; désinvolte et taquin en compagnie des copains ; laborieusement cynique et sophistiqué avec Marketa ; et quand j'étais seul (quand je pensais à Marketa), j'étais humble et troublé comme un collégien. Ce dernier visage était-il le vrai ? Non. Tous étaient vrais : je n'avais pas, à l'instar des hypocrites, un visage authentique et d'autres faux. J'avais plusieurs visages parce que j'étais jeune et que je ne savais pas moi-même qui j'étais et qui je voulais être."

Milan Kundera, La plaisanterie



"Si tu étais une particule, tu serais un électron : tu es petit et négatif."


Grégory Olocco



"Tu es un petit être contrefait simplement réduit à ses fonctions vitales."


Vincent Méli